L’image qui accompagne ce billet a été choisie pour illustrer la couverture de Cadiens et voyageurs, livre dont le lancement a eu lieu le 20 août dernier au Festival acadien de Nouvelle-Acadie. Il s’agit d’une peinture de Frances Ann Hopkins, qui s’est fait remarquer au cours des années 1870 pour la gamme de ses oeuvres sur le thème des gens de canot du Nord-Ouest.

Peinture de Frances Anne Hopkins (1870) pour la conférence «Cadiens et voyageurs» de Claude Ferland, chercheur en histoire

«Groupe de voyageurs autour d’un feu de camp», Frances Anne Hopkins, 1870 (Bibliothèque et Archives Canada, no. acc. 1989-401-4)

Le peinture montrée ci-dessus a été peinte après l’âge d’or des voyageurs. Bien qu’en ces années-là leur monde s’était beaucoup transformé depuis l’époque des Cadiens les plus fameux, elle traduit bien l’atmosphère d’un arrêt le soir par des voyageurs qui vont camper pour la nuit.

L’amateur d’histoire peut admirer à son aise les paysages et scènes de canotage qu’Hopkins a rendus avec un talent artistique certain. Il faut cependant savoir que la plupart des canots qu’elle montre sont des canots de maître, plus grands que ceux des «hommes du Nord», ce groupe d’élite dont faisaient partie les voyageurs de sir Alexander Mackenzie. De même, l’artiste montre le plus souvent des canoteurs dont la taille et l’apparence générale représentent davantage les Métis du Nord-Ouest que les voyageurs provenant de la vallée du Saint-Laurent.

Par contre, Hopkins a su illustrer mieux que d’autres la gestuelle des voyageurs en action dans leurs canots ou à l’arrêt. Remarquons aussi qu’elle s’est mise en scène elle-même, avec son mari traiteur de fourrures, dans plusieurs de ses oeuvres. Ce détail nous fait comprendre qu’elle montre davantage les scènes de la région des Grands-Lacs, car en Athabasca, région par excellence des meilleurs voyageurs cadiens, il n’y avait pas encore de femmes blanches (ou très peu) en 1870.

Peu de gens savent que Frances Ann Hopkins a vécu quelques années à Montréal, plus précisément à Lachine, dans une grande maison qui avait appartenu au président de la Compagnie de la Baie d’Hudson, George Simpson. Cette maison a fait place au Collège Sainte-Anne, où un beau petit musée rappelle la présence de Hopkins et de Simpson, juste en face du Lieu historique national du Commerce de la Fourrure, que je vous invite aussi à visiter en même temps.

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