À Maskinongé, sur la route du pied de la Côte,le Magasin Lebrun tient à la fois de la petite boutique et du musée d’antiquités, tout en attirant de bonnes audiences aux spectacles qu’on y donne régulièrement.

Pendant plusieurs années, ce sont des amateurs d’antiquité qui en ont tenu les rênes en offrant des visites payantes du type centre d’interprétation. Les propriétaires actuels y ont ajouté un volet intéressant, en offrant des spectacles de musiques variées, à l’étage au-dessus de la boutique. Au rez-de-chaussée, site du magasin général de la famille Lebrun de 1901 à 1974, on peut se procurer des produits alimentaires et artisanaux tout en admirant les superbes collections de photos et d’objets rappelant la première moitié du 20ème siècle. Monsieur Richard Vienneau et madame Isabelle Thibeault, les propriétaires, nous ont donné accès aux livres de comptes du début des années 1920, nous permettant ainsi d’analyser les ventes du magasin à cette époque. Des extraits de nos notes de recherche sont disponibles dans la section Articles, colonne de gauche de notre page Facebook.

Brève histoire du magasin général Lebrun (selon fichier du Ministère de la Culture et des Communications du Québec)

C’est le marchand Eugène Trudeau qui fit construire en 1827 une maison-magasin de 38 pieds par 31 (11,6 mètres par 9,5); c’est l’actuelle partie de droite du Magasin (briquetée en 1947). Elle était alors située un peu plus loin, et c’est vers 1839 qu’on la déménagea à l’endroit actuel. S’y sont succédés les marchands Olivier Chartrin et François Boucher. Ce dernier étant déjà installé au Pied-de-la-Côte, non loin de l’église, fait déménager?. En 1846, Pierre Frigon achète la propriété ; il y tiendra une auberge. Après quelques changements de propriété, l’immeuble est vendu à Odilon Lebrun en 1901.

En 1915 Oscar et Odilon Lebrun vont s’associer à leur frère pour former l’entreprise Lebrun & Frères. On va alors construire le grand magasin. Odilon Lebrun meurt en 1917, Oscar en 1918 et c’est Joseph qui tiendra la barre le plus longtemps (décès en 1958). Leur sœur Laura hérite de la propriété, qui passe en 1960 à un neveu, Hubert Lebrun.

La partie de gauche du magasin, là où on tient actuellement boutique, permit aux Lebrun de tenir assez de marchandises pour faire, en plus des ventes au détail, des opérations de gros pour les magasins du haut de la région. De plus, grâce à la circulation automobile entre Montréal et Québec, les Lebrun faisaient de bonnes affaires avec la clientèle passante, à commencer par les ventes d’essence.

Le magasin cessera ses activités en 1974. Deux propriétaires se succéderont avant l’achat de l’immeuble par Serge C. Martin et Gisèle Saucier, en 1976.

Mentionnons au passage que le Magasin exhibe aussi la collection de journaux et de gramophones montée par feu Clément Plante, un historien passionné du territoire maskinongeais,

La maison Doucet (voisine du côté est du magasin) mérite d’être signalée. Elle a été construite avant 1794 par l’Acadien Charles Doucet. Époux de Marguerite Landry, Doucet fut le père de trois voyageurs des Pays d’en-Haut. Des Landry et des Lebrun, du même secteur géographique, furent aussi voyageurs.