Le 2 mai 1763, ce jeune Acadien de L’Assomption signe un contrat de voyageur « hivernant », en tant que milieu de canot, pour aller « au poste qui lui sera indiqué ». Son employeur Jean Aurillat lui versera un salaire de 300 livres pour une durée que nous pouvons estimer à plus de 10 mois.

Les recherches que j’ai menées sur les voyageurs « cadiens » ont révélé une présence acadienne dans la vallée du Saint-Laurent avant la déportation, à vrai dire en petits nombres, de sorte que j’ai trouvé peu de voyageurs de cette « nation » avant Pierre Forest, et très peu avant la Déportation. Les voyageurs Doucet (c.1750) des îles de Berthier/Sorel sont parmi ces exceptions pré-1755.

Pour Pierre Forest, l’argent du voyage allait permettre de « se mettre en ménage », en achetant par exemple un habit « français » et une paire de boeufs de labour. On trouvera le contexte de ces voyages du 18ème siècle, au Pays d’en-Haut, dans le premier chapitre de Cadiens et voyageurs