Outre mon site internet, je tiens une page Facebook que plusieurs d’entre vous « aimez déjà » et visitez assidûment. Ce dont je vous sais gré. Plusieurs des billets paraissant sur cette page Facebook proviennent en fait du présent blogue.

Bien que portant le titre « Voyageurs et marchands », mon blogue traite de temps à autre de sujets connexes. Ainsi, il y a dans mes dossiers de recherche sur les Ferland du Poitou, mes ancêtres, et leurs descendants canadiens, des histoires qui relient les Ferland et les marchands. Je vais vous en raconter quelques-unes de temps à autre; le contenu de ces textes s’applique très bien à d’autres familles anciennes du Québec.

La première de ces histoires est tirée du manuscrit en préparation (qui sera soumis à un éditeur en 2018) intitulé Du Poitou à l’Île d’Orléans-les premiers Ferland du Canada. Il s’agit des achats faits par l’épouse de François Ferland (l’ancêtre émigré de France), Jeanne-Françoise Milloir, à Québec, vers 1685.

Imaginons donc Jeanne-Françoise Milloir et ses soeurs se rendant au marché de la basse-ville de Québec, au milieu de l’été 1687, dans la barque d’Antoine Poulet qu’accompagne évidemment son épouse. La marée montante les conduit à la ville en moins d’une heure, et ils prévoient revenir avec la marée descendante. Jeanne-Françoise a emmené avec elle l’aîné des enfants Paradis (Guillaume, 9 ans). Elle prévoit, une fois ses marchandises écoulées, se rendre chez le marchand Léonard Hazeur, dont le magasin est situé directement en face de la Place Royale, côté nord. Jeanne-Françoise avait fait affaire par le passé avec Bertrand Chesnay, rue du Cul-de-Sac, comme en témoigne l’affaire des billets (p.47). Mais le marchand, ruiné par l’incendie de la Basse-Ville en août 1682, était décédé depuis 1683, et sa veuve avait renoncé à la succession.

Dans le magasin de Léonard Hazeur, madame Ferland va prendre le temps d’examiner les étalages, car elle compte revenir dans quelques mois pour faire ses achats les plus importants de l’année. Aujourd’hui, elle ne prendra peut-être que du fil et des boutons, mais la prochaine fois, ce seront des tissus pour les robes des filles. Comme elles sont bien temptantes ces toiles d’Allemagne, ces mazamets, calmandes et serges, ces satins, ces carisés et ces tiretaines. Les couleurs sont surtout de gris, de bleu et de brun, mais il y a gris de fer, des bleus à rayures blanches, et que dire du brun café.