C’est dans les grandes villes du Québec qu’on trouve le moins de presbytères représentatifs des styles d’architecture ancienne du Québec. La raison en est simple: les paroisses urbaines, devenues très populeuses avec le temps, ont eu besoin de grands presbytères, capables de loger un personnel nombreux. Les terrains de ville étant étroits, on remplaça les presbytères à un ou deux étages par des bâtiments de trois étages. Seuls les styles modernes pouvaient convenir à de telles résidences curiales. On aurait pu donner dans le style éclectique, capable de prendre trois étages, mais alors il aurait fallu, pour garder l’harmonie, bâtir large ou profond sur les terrains exigus des quartiers de Montréal ou de Québec.

Le savant appareillage de brique et de pierre atténue l’austérité de la forme «de boîte» du presbytère de Saint-Vincent-Ferrier, dans Villeray, quartier de Montréal. Le village ouvrier de Villeray, érigé en municipalité en 1896, a été annexé à Montréal en 1905 (quartier Saint-Denis à l’époque). Entre 1915 et 1930, l’ouest de Villeray connaît une grande effervescence résidentielle et l’augmentation de la population fera naître plusieurs paroisses catholiques.

(photo-coll. C.Ferland)