Ci-haut, portrait de Colbert, ministre de Louis XIV, par Philippe de Champaigne.

Le lundi mai 1676 au matin, le Conseil supérieur de la Nouvelle-France s’assemblait. Étaient présents Monsieur l’intendant, les sieurs de Villeray, de Tilly, Damours, Dupont, de Lotbinière, de Peyras et de Vitray conseillers, en présence du procureur général présent. Le principal sujet à l’ordre du jour était l’édiction de « Règlements généraux pour la police ».

Ces réglements découlaient des « ordres données par le Roi au sieur Duchesneau intendant de la justice, police et finances de ce pays, contenues dans sa commission signée Louis, et plus bas Colbert, et scellée en queue de grand sceau de cire jaune donnée au camp de Luting le cinquième juin mille six cent soixante-quinze, registrée en cette Cour le seizième septembre ensuivant.  » 

Voici quelques perles:

  • …défenses aux cabaretiers de cette ville et faubourgs, et à tous vendeurs et regrattiers d’aller acheter au marché ce qui leur sera nécessaire que huit heures en été et neuf en hiver ne soient sonnées pour donner temps aux bourgeois de se fournir de ce qu’ils auront besoin

  • … les poids et mesures, comme minot, demi minot, boisseau, pot, pinte, aulne, demie aulne, chaînes, romaines, crochets, balances (…) qui ne sont point marqués, le seront à la marque du Roi, en présence du lieutenant général de la prévôté de cette ville, par son greffier auquel il sera payé cinq sols pour chacune marque dont moitié sera et demeurera à son profit et l’autre moitié au profit de la ville

  • il sera établi une personne qui aura une chaîne marquée à la marque du Roi pour corder les bois de chauffage qui se vendront à l’avenir en cette ville, chacune corde sera de huit pieds de longueur et quatre pieds de hauteur, et aura ledit bois trois pieds et demi de longueur entre deux coupes; enjoint aux bûcheurs de le faire dans les forêts, de pareille longueur et hauteur, sous peine de perdre leur travail et d’amende arbitraire, lequel cordeur aura pour son droit deux sols par corde de ceux qui voudront l’employer, sans qu’il puisse contraindre aucun à le faire.

    À suivre…