À l’école primaire, j’ai appris l’histoire d’un des héros de l’histoire du Canada et du Québec. Pierre Lemoyne D’Iberville. Il était le fils d’un des grands pionniers de Montréal, le marchand Charles Lemoyne. Ce dernier avait une soeur, Anne, qui a épousé Michel Messier, seigneur du Cap-Saint-Michel (entre Varennes et Verchères au 17ème siècle). Parmi les enfants du couple, Marguerite, née en 1676, à épousé en 1690 (elle avait 14 ans) le traiteur de fourrures et explorateur Pierre Lesueur, âgé de 33 ans. Ce dernier parcourait le Pays-d’en-Haut depuis 10 ans déjà.

Mais laissons les exploits de monsieur pour raconter l’histoire de madame, Marguerite Messier.

Elle demeurait à Montréal vers les années 1693-1699, et son mari y venait entre deux voyages. Lors de plusieurs baptêmes de leurs enfants, Lesueur n’y était même pas. Marguerite s’occupait en faisant quelques transactions selon les instructions que le mari lui envoyait par lettre depuis le pays des Sioux. Elle gérait aussi une petite seigneurie, La Guillaudière, voisine de celle de son père (celle du Cap-Saint-Michel) et qui lui appartenait en propre depuis son mariage.

En 1702, son mari fit un voyage d’affaires en France avec D’Iberville, cousin de Marguerite. Au cours du voyage de retour, Pierre Lesueur décède, au printemps 1704. Or, ce dernier devait se rendre à Mobile, en Lousiane (aujourd’hui en Alabama), où il comptait poursuivre sa carrière de marchand. Marguerite, pour sa part, était partie de Montréal en canot, avec des hommes engagés ainsi que ses cinq enfants âgés de 5 à 12 ans, en direction du golfe du Mexique! Un voyage épuisant, au terme duquel elle devenait la première femme blanche à faire le voyage de la Vallée du Saint-Laurent à la Louisiane par le Mississipi. Le groupe est arrivé au Fort Louis de la Mobile en avril ou mai 1705.

Cette mort l’a rendue malade, mais elle reprit son courage, et administra le commerce de son défunt mari. En 1721, elle avait 6 esclaves et 6 bêtes à cornes, sur son emplacement voisin de celui de Lemoyne de Bienville. Ce dernier lui concède en 1724 une terre de 8 arpents par 40, qui est aujourd’hui en plein centre de la ville de Nouvelle-Orléans.

Marguerite Messier a été inhumée au cimetière de Fort Condé, le 5 mars 1741.

(texte tiré des Mémoires de la SGCF, vol.XXV, no.3, 1974, auteur Ernest- L. Monty)