Dans un petit ouvrage à paraître ce printemps, je parle des métiers à Repentigny ainsi qu’à Saint-Paul-L’Ermite, paroisse distincte dans le temps, et regroupée depuis avec Repentigny. Je vous mets ici les quelques paragraphes concernés:

« Le colporteur James Smith sur la Grande L’Assomption en 1831 ne fut pas remplacé en 1861. A cette époque, des « trafiqueurs » de céréales couraient nos campagnes pour couper l’herbe sous le pied aux marchands locaux. Ils vendaient ou troquaient de la bibelotte en contrepartie.

En 1831, la veuve Morin est fileuse sur la Grande Côte, et la veuve Belisle est tisserande sur la Grande L’Assomption; en 1861, la veuve St-Pierre, âgée de 68 ans, remplace madame Belisle, mais il n’y a plus de fileuse dans l’un ou l’autre secteur.

Le tanneur Laurent Desparois opère en 1831 sur la Petite L’Assomption, un métier qui n’existe plus localement trente ans plus tard.

On trouve le traversier Joseph Galarneau, domicilié sur la Petite L’Assomption, en 1831 et Louis Ratel le remplacera en 1861.

Le mendiant de 1831, un Archambault sur la Grande Côte, fut remplacé en 1861 par Charles Harpin, 80 ans, marié à Charlotte Goulet, 69 ans, tous deux présumés localisés sur le 1er rang.

Il y a un bedeau Piché en 1831, puis un Mercier en 1861 sur la côte du fleuve. Il ne semble pas y en avoir de l’autre côté. Pour qui cependant travaille le serviteur Gauthier?

Les charretiers n’apparaissent qu’en 1861, de même que le boucher, le batelier, le scieur et le couvreur. Il y eut un certain temps des bouchers ambulants dans les campagnes, pour servir qui une veuve qui ne s’avisait pas de tuer son bœuf elle-même, qui un artisan trop occupé pour faire boucherie.

Les journaliers n’étaient pas à proprement parler des gens de métiers. Hommes à tout faire, ils s’engageaient à la journée, ou pour le temps d’un travail défini comme les récoltes de grains. Au 19ème siècle, où le début d’industrialisation et la plus grande surface cultivée des terres créaient une demande accrue pour leurs services, les journaliers en vinrent à posséder leurs petites maisons. Repentigny en comptait 58 en 1831, majoritairement du côté nord de la rivière.

Le crieur public (comme Michel O’Brien) annonçait, sur le perron de l’église après la grand-messe, les objets perdus et les réclamations de tous genres. Le jour des morts, il menait la criée des âmes,  sorte d’encan où les habitants apportaient citrouilles tabac etc , dont le produit en argent était remis au curé, pour qu’il chante des messes pour les défunts. »

(Surveiller mon blogue au cours des semaines et mois à venir, je nettrai d’autres passages du livre en chantier).