Soyons réalistes. Au cours des prochaines années et décennies, le patrimoine bâti du Québec va s’atrophier, et de grands pans vont disparaître. Pourquoi?

D’abord, c’est une question de culture. Une culture (valeurs et façon de vivre) est toujours fortement contrainte par son environnement humain et socio-économique. Or, la culture québécoise est en mutation, vers quelque chose d’international, américain d’une part, et planétaire d’autre part. Parce que les médias, parce que nos voyages en Floride et en Europe, parce que, parce que. Alors, Félix, les églises où personne ne va plus, les maisons victoriennes, soyons réalistes, c’est du passé. (Mais je pleure en écrivant ça.)

Ensuite, ceux et celles qui voudraient sauver tel ou tel bâtiment n’ont pas d’argent. Ni de leurs poches, ni de celles de leur ville ou village, ni de celles de leurs gouvernements. Et sauver le patrimoine bâti, ça prend des gros sous. En fait, on les trouverait les sous, mais comme ce n’est plus dans notre culture….

Ce qui m’étonne, ce sont les holà dans les médias suite à des démolitions faites ou annoncées. Si notre culture et notre portefeuille ne sont pas du côté de ce patrimoine immobilier, serait-ce là la nostalgie d’un peuple mourant?

Oui. Hélas, oui.