Parfois, le chercheur en histoire tombe sur une information qui lui procure une grande satisfaction.

Je suis présentement à fouiner dans le livre de comptes (microfilmé, pas l’original…) d’un marchand de Ville-Marie (Montréal), pour les années 1727-28. Il s’agit de Charles Nolan Lamarque, qui tenait boutique coin Saint-Paul et Saint-François-Xavier (aujourd’hui le resto Le Bourlingueur).

Or, un de ses clients était le boulanger Charles Gervais, fils du pionnier montréalais Jean Gervais, mes ancêtres du côté maternel. L’arrière grand-mère de Maman était une Gervais, dont la lignée est passée par les meuniers Gervais de Berthier (rivière Bayonne). Sous le régime français, un des fils de Charles, Louis Gervais, fut propriétaire de moulins à scie à Détroit, gros village de voyageurs au temps de la traite des fourrures. Louis avait d’ailleurs été voyageur avant de se faire entrepreneur-scieur. Une soeur de Louis, Geneviève Gervais, a épousé le voyageur Julien Rivard, d’une famille de coureurs de bois réputés.

Revenons à la comptabilité de Nolan Lamarque. Elle me permet de savoir tout ce qu’achetait mon ancêtre le boulanger Gervais chez monsieur Nolan. Par exemple, le 14 juin 1727, ce dernier dresse le compte débiteur du premier, pour 331 livres et 3 sols, représentant des achats passés, peut-être depuis le début de l’année. L’ épouse du boulanger, Marie Boyer, s’était procuré 3 paires de souliers à 5 livres chacune. Leur fille (pas nommée) avait acheté pour 33 livres, et leur fils (Nicolas? Louis?) 2 pots d’eau-de-vie. De la part de Charles proprement dit, un bonnet de batteau (sic) écarlate, au prix de 6 livres, ou encore une aune de toile de tamis qui a coûté 1 livre 8 sols.

(Oui, je sais, la photo ne cadre pas bien…la farine White Flour n’était pas vendue à Montréal en 1727. Mais on manque de photos pour cette époque….Collection C.Ferland, 2014; Musée de Trinity, TN)