La qualité du patrimoine bâti d’une localité est rarement bonne si tout un chacun définit ce qui doit être gardé ou restauré. Dans le cas des bâtiments institutionnels d’un village ou d’un quartier, à défaut de les protéger par citation municipale, ils deviennent des lieux négligés ou défigurés.

Dans le cas des maisons privées, les élus municipaux sont beaucoup plus hésitants à prendre des mesures (pourtant prévues par la législation) par crainte d’indisposer les propriétaires et leurs réseaux de parents et amis..qui votent aux élections. Il en résulte peu à peu la dépersonnalisation des rues principales, dont nos anciens auraient honte, eux et elles qui, avec pourtant moins d’argent dans bien des cas, savaient «bâtir beau» et garder cette beauté.

De nos jours, untel/untelle voudra faire beau, selon ce qu’il considère à son goût, sans égard à la base même de la question, soit l’intégrité du style d’architecture, le choix de matériaux qui vont avec l’historique architecturale, etc.

Untel/untelle voudra faire pratique, et le résultat sera aussi moche que pratique, au lieu d’être harmonieux selon les normes architecturales à teneur patrimoniale.

Bref, même en oubliant les cas de gens d’affaire qui se foutent royalement des valeurs patrimoniales, il y a ces cas de déficience de connaissances ou de piètre sens des valeurs qui nous donnent des murs de brique à deux couleurs, des galeries en ruines, etc. À Repentigny, la cas de la maison des traversiers Larose (photo de ce billet, quand on a commencé à la démanteler) est un de plusieurs exemples d’une ville qui fêtera son 350è en 2020, et qui refuse de publier son inventaire patrimonial, pour ne pas avoir de demandes de protection de bâtiments anciens!

Mais voilà, ça coute cher.

Il faudrait sans doute des fonds de subvention régionaux, financés par le MCC, pour les plus belles maisons privées patrimoniales de chaque localité (une dizaine en moyenne). Des fondations privées aussi, en région. Malheureusement, la majorité des citoyens ne sont pas prêts à payer des taxes, ou à voir baisser les budgets des autres ministères. Alors, au final, il y a surtout quelques batailles pour les anciennes maisons de curés, couvents et chapelles, dont pourtant les anciennes fonctions ont été abandonnées.

Complexe, et étrange.